D'après L'Armorial Général de J.-B. Rietstap
Dans une grande quantité d’armoiries, surtout allemandes, on voit d’autres teintes
telles que : la couleur du sang, de feu, d’acier,
d’eau, de terre, la couleur cendrée, la
couleur brunâtre, la carnation ou couleur
du corps humain, la couleur
naturelle d’objet de toute sorte. Il n’y a pas de système universellement
adopté pour indiquer ces nuances en gravure au moyen de hachures déterminées.
a. naturelles : tout ce qui a été créé, hommes, animaux, astres, météores, éléments, etc ; b. artificielles : tout ce qui a été fait de main d’homme; c. chimériques : les monstres, tels que sirènes, dragons, griffons, licornes, aigles à tête de loup, hommes à tête d’oiseau, etc. ; etc. Souvent ces monstres et même des animaux sont représentés à queue de poisson et se disent alors marinés; ainsi on a des lions, griffons, licornes….marinés, etc.
Tous ces modes de briser tombèrent bientôt en désuétude, à cause de la grande confusion qui en était le résultat. Seul, le cinquième mode qui consiste dans l’adjonction d’une pièce peu importante telle qu’une étoile, une molette, une coquille, une quintefeuille, un canton, qui n’altère pas considérablement l’armoirie, s’est longtemps maintenu; cependant, même ce genre de brisure se borne aujourd’hui à l’addition d’un lambel dans les armes de quelques maisons souveraines, et d’un croissant ou d’une étoile dans celles de la haute noblesse britannique.
En langage héraldique la droite et la gauche s’appellent dextre et senestre. Il faut faire attention que le côté dextre d’une armoirie se trouve à la gauche du spectateur, et le côté senestre à sa droite. Cet usage, établi de temps immémorial, provient de ce que les armoiries étaient brodées sur la cotte d’armes et peintes sur le bouclier du chevalier. Dans cet ordre de faits, le côté gauche de l’armoirie se trouvait exactement au côté gauche du chevalier, et le côté droit à sa droite.
Dans la description des armoiries on se sert des termes : du premier, du champ, du même, du second, du troisième, du dernier (sous-entendu émail), etc... pour éviter la répétition mal sonnante d’émaux déjà nommés. Ainsi, au lieu de dire : « d’or au chevron de gueules chargé de trois étoiles d’or », on dira : « trois étoiles du champ ; » Au lieu de dire : « palé d’or et d’azur, à la fasce d’or brochante », on dira : « à la fasce du premier brochante. » Au lieu de dire : « d’or au chevron de gueules, accompagné de trois étoiles de gueules », on dira : « trois étoiles du même, » Et ainsi dans les autres cas.
La position ordinaire des animaux et objets est de regarder le flanc dextre de l’écu. S’ils se tournent vers le flanc senestre ils sont contournés. Presque toujours les figures sont disposées dans un ordre déterminé. Une seule figure occupe l’abîme (centre) de l’écu ; trois figures sont posées 2 et 1, c'est-à-dire deux en chef et une en pointe de l’écu ; quatre figures, 2 et 2 (aussi appelé cantonnés) ; cinq figures, 2, 1 et 2 (dit en sautoir) ; six figures, 3, 2 et 1 ; neuf figures, 3, 3 et 3 ; dix figures, 1, 3, 2 et 1. Ces positions sont tellement établies et acceptées qu’il n’est nécessaire d’exprimer que celles qui en diffèrent. Une pièce, accompagné d’autres objets en nombre, est posée au centre de l’écu ; ainsi, quand on dit : « d’argent à une losange de gueules, accompagnée de trois fleur-de-lys d’azur », la losange occupe l’abîme ou le centre de l’écu et les fleurs-de-lys sont posées 2 en chef et 1 en pointe. Lorsqu’un chevron ou une fasce est accompagnée de trois objets, deux se posent en chef et le troisième en pointe. Une fasce est-elle accompagnée de six figures, trois sont rangées sur une même ligne en chef et les trois autres sur une même ligne en pointe. Une fasce est-elle accompagnée de six figures, trois sont rangées sur une même ligne en chef et les trois autres sur une même ligne en pointe. Deux, trois ou plus de figures posées sur un chef ou sur une fasce sont rangées côte à côte, s’il n’est indiqué autrement. Le nombre ordinaire des pièces du fascé, palé, bandé, barré, et chevronné est de six ; celui du burelé, vergetté, coticé en bande ou en barre est de dix Nous n’indiquerons que les nombres qui en diffèrent. Si nous nous sommes abstenus de décrire la forme et d’indiquer le métal des casques ou heaumes, c’est que les représentations d’une même armoirie faites à diverses époques présentent des casques tout à fait différents. En général la casque actuel est d’argent ou d’acier poli, grillé et liseré d’or, et doublé ou fourré d’une étoffe rouge, quelques bleue, noire ou verte. Mais ni sa forme, ni le nombre de ses grilles, ni la couleur de sa fourrure n’est d’importance majeure ; tout cela changeait dans le cours des siècles, comme il apparait dans l’étude des sceaux etc … De forme cylindrique, sans grâce aucune, aux 12è, 13è et 14è siècles, le casque obtint au 15è celle qu’on se plait à appeler, entièrement à tort, heaume des nouveaux anoblis et qui est connu en allemand sous le nom de Stechhelm, casque des joutes. Plus tard, il prit la forme ronde qui nous lui connaissons, recevait des grilles en plus ou moins grand nombre, selon la fantaisie des dessinateurs et les exigences de la mode du temps, et s’appelait casque de tournoi.
La position du casque est également indifférente. Qu’il soit posé de front ou bien taré de profil ou de trois quart, aucune signification réelle ne s’y attache. L’attitude du cimier doit décider. Si le cimier est une figure vue de profil ou de trois quarts, il faut mettre le casque de profil ou de trois quarts. Le casque étant mis de front, le cimier devrait être placé de telle manière qu’on le verrait également de front. Ainsi, un lion issant, vu de profil, exigerait un casque posé de profil ; si l’on voudrait poser le casque de front, ledit lion devrait se présenter également de front, c'est-à-dire vu de face, étendant ses pattes à dextre et à senestre. Ceci explique pourquoi un vol, par exemple, est tantôt ouvert, tantôt fermé ou à l’antique. Sous le premier aspect il ne peut se présenter que sur un casque posé de front ; il prend le second sur un casque posé de profil, parce qu’alors l’une des ailes est cachée par l’autre. Le cimier doit reposer sur le casque, ce que comporte sa nature. Une étoile, par exemple, qu’on porte en cimier et qui se balance dans les airs au-dessus du casque, est une absurdité moderne, qui n’a jamais pu se produire aux temps où les armoiries étaient une réalité. Un chevalier, qui eut porté une telle étoile, l’eut fait fixer au sommet de son casque. Il était impossible de la faire voltiger dans l’espace sans aucun soutien.
Les couronnes, indiquant le rang nobiliaire déterminé, sont inadmissibles sur les casques. Le Moyen-âge ne les a pas con nues. Bien que l’usage des couronnes sur les casques, d’abord entièrement inconnu même parmi la plus haute noblesse, devint de plus en plus fréquent, on ne se servait que de la forme ordinaire, Celle à trois fleurons. Dans les deux derniers siècles on a pris souvent une couronne à cinq fleurons. Mais quand on veut se servir de la couronne, affectée spécialement à quelque rang nobiliaire, on doit la poser immédiatement sur le bord supérieur de l’écu, qui alors ne peut plus porter de casque ni de cimier. Il faut faire un choix. Ou la couronne nobiliaire seule, ou le casque avec son cimier. Il est contraire aux bonnes traditions héraldiques de porter à la fois et la couronne nobiliaire et le casque. Ce serait comme qui entasserait deux couvre-chefs l’un sur l’autre.
Les armoiries subirent encore comme toute autre chose l’influence du milieu et de l’époque où elles se produisirent et changèrent de forme selon l’esprit du temps. C’est pourquoi il ne faut pas s’imaginer que tel type devra être considéré comme inviolable et qu’il serait défendu d’y apporter aucune modification : une aigle au vol abaissé est précisément la même chose qu’une aigle au vol levé ; seulement, la première est un type moyenâgeux et l’autre un type moderne. Aux premiers temps, on représentant toute aigle avec les ailes retournées en bas et dans les temps postérieurs on se plaisait à les diriger vers le chef de l’écu. La seule condition était que cela devait toujours rester une aigle, qu’il n’aurait pas été permis d’en faire un lion ou quelque autre emblème, tout à fait différent et que le tout devait être traité en style ornemental.
La même liberté d’exécution doit régner à l’égard des tenants et supports. Qu’un griffon porte la queue relevée ou bien passée entre ses jambes, qu’un sauvage appuie sa massue sur son épaule ou la fasse reposer sur le sol, que ces figures se regardent ou bien retournent la tête, qu’elles soient posées sur une arabesque ou sur une terrasse, tout cela est au fond chose indifférente, ou plutôt affaire de goût, ce qui s’applique également aux couleurs qu’on voudra donner au listel qui porte une devise et aux lettres dont celle-ci se compose. La preuve de ce que nous avançons se trouve dans les représentations d’une même armoirie, faite à différentes époques. Quand on est dans le cas de pouvoir faire ses études, comparatives, on se convaincra aisément qu’aux bonnes époques nulle fixité n’était observée. Nous n’avons indiqué les émaux des lambrequins et bourlets que lorsque ces émaux différent de ceux de l’écu. Quand l’armoirie n’a que deux émaux ou deux principaux émaux, bourlet et lambrequins sont de ses mêmes émaux, sauf quelques cas exceptionnels.
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