Pourtant, l’Etat a bien tenté d’empêcher la diffusion du jeu. En 1319, le roi Philippe V signe une ordonnance pour en interdire la pratique. Interdiction renouvelée en 1369 par Charles V qui trouve que « la paulme et les boules » détournent le peuple de la défense du royaume.
Les autorités ecclésiastiques prononcent aussi des interdits au XVIe siècle, pour qu’on ne puisse pas y jouer pendant les offices religieux ou pour qu’on ne s’y montre pas en tenue débraillée ou en caleçon…
La Révolution fait table rase de toutes ces contraintes - du moins dans un premier temps. Car devant l’essor que reprennent aussitôt les jeux de boules, la ville de Lyon doit afficher sous le Consulat un arrêté interdisant les parties de lyonnaise dans les rues de la cité. En effet, la circulation était régulièrement paralysée par des milliers de joueurs occupant les places et les artères !
Soixante-dix ans plus tard, le jeu reste toujours l’une des occupations favorites dans le Sud, puisque le proconsul de Marseille doit demander aux maires de son département de dénoncer les soldats « qui se divertissent au jeu provençal pendant leurs tours de gardes » au lieu de faire leurs rondes !